Plus de quarante ans après sa disparition, Joan Miró demeure l’une des figures majeures de l’art du XXe siècle et son œuvre continue de susciter un intérêt constant auprès des institutions et du public. Héritière d’une relation de confiance nouée avec l’artiste de son vivant et poursuivie depuis lors avec sa succession, la Galerie Lelong entretient depuis plusieurs décennies un lien privilégié avec son travail. Elle est heureuse de lui consacrer aujourd’hui une nouvelle exposition, À l’ombre d’une étoile, présentée entre les espaces de la librairie et du salon et réunissant sculptures, maquettes préparatoires et estampes.
À la librairie, l’exposition réunit des lithographies réalisées dans les toutes dernières années de Miró ; parmi elles figurent les planches d’Allegro Vivace, mais aussi des Arlequins, Colombines et autres personnages issus de son théâtre imaginaire. Par leur liberté de ton, leur fraîcheur et l’éclat de leurs couleurs, ces œuvres témoignent de l’extraordinaire vitalité créatrice d’un artiste alors âgé de plus de quatre-vingts ans. Quelques maquettes originales viennent éclairer la genèse de cet univers. Réalisées à la gouache, à l’encre, au pastel ou aux crayons de couleur, elles permettent de suivre la naissance des formes et d’approcher au plus près le geste de l’artiste. Cet ensemble est complété par une sculpture emblématique des années 70, Le Pèlerin.
Dans le salon, un étage plus haut, plusieurs autres bronzes transforment l’espace en une scène peuplée de figures silencieuses : Femme et oiseaux, Chanteur Mongol ou encore Jeune fille à l’étoile donnent corps aux figures imaginées par Miró. En contrepoint, un rare dessin à l’encre noire de 1973 dont la simplicité apparente rappelle toute la force du vocabulaire plastique de l’artiste. Cet ensemble est accompagné de quelques estampes publiées après la disparition de l’artiste, portant le cachet de sa signature et certifiées par sa succession. Parmi elles figurent notamment la série des Montagnards, ainsi que le majestueux Œil bleu du volcan. Réunies dans un même espace, ces papiers et sculptures témoignent de la cohérence d’un univers où quelques signes, quelques couleurs et quelques formes suffisent à faire naître un monde de poésie, à l’ombre d’une étoile.