Paris — New York
Jaume Plensa
Jaume Plensa - 10 octobre - 16 novembre 2019
Jaume Plensa a conçu cette nouvelle exposition comme une conversation silencieuse. Dans la première partie de la galerie, trois têtes de jeunes filles, de trois mètres de hauteur, sont disposées au sol. Originellement taillées dans des troncs d’arbres, puis fondues en bronze, l’élongation des visages est bien plus prononcée que dans les oeuvres déjà connues de l’artiste, visibles dans des lieux comme le Perez Museum, Miami, le Seattle Museum, la ville de Bordeaux… L’anamorphose y est saisissante.
Fabienne Verdier
Autour d'un timbre - 21 novembre 2019 - 18 janvier 2020
Galerie Lelong & Co., Matignon - Les peintures de Fabienne Verdier sont le plus souvent de grand format. Elles sont à la mesure de son corps et même de son corps en mouvement. Le peintre de chevalet, assis sur son tabouret, peint des signes qui sont l’image abstraite de choses vues à distance. Fabienne Verdier a rompu avec cette attitude. Sa peinture est la trace réelle et immédiate que laisse sur la toile, posée au sol, la danse de son corps qui guide le pinceau géant et suspendu, lourd de tout son poids de pigment.
Arnulf Rainer
Recouvrements - 10 octobre - 16 novembre 2019
Dès les années cinquante, Arnulf Rainer s’est manifesté par des gestes radicaux, délibérément anti-académiques, dans un milieu artistique autrichien alors très conservateur. L’un de ces gestes est l’Übermalung, c’est-à-dire le recouvrement énergique, partiel ou total d’une image préexistante.
Kiki Smith
Homecoming - 10 octobre - 16 novembre 2019
La Galerie Lelong & Co., présente l’oeuvre de l’artiste à Paris depuis 2003, et a consacré plusieurs expositions aux estampes de Kiki Smith. À l’occasion de l’exposition sous le commissariat de Camille Morineau et Lucia Pesapane, avec la collaboration de Marie Chênel, qui ouvrira à La Monnaie de Paris le 18 octobre prochain, Lelong Editions présente sous le titre Homecoming une sélection de certaines des gravures et lithographies les plus marquantes de ces 20 dernières années.

Expositions

En face de ces trois têtes aux yeux fermés, dans l’autre partie de la galerie, un portrait de jeune fille, en bronze également, est placé au centre de la salle. Celui-ci est suspendu au plafond et une main posée devant la bouche, l’index dressé, invite au silence. Ces quatre sculptures portent les noms des jeunes filles dont elles sont le portrait (Julia, Laura, Wilsis, Minna), mais les traits du visage en sont à ce point allongés qu’elles deviennent méconnaissables et prennent une dimension universelle.

oeuvres Minna's words Jaume Plensa
Minna's words
Jaume Plensa
Minna's words, 2018, bronze, 5 exemplaires, 192 x 49 x 85 cm
oeuvres Wilsis Jaume Plensa
Wilsis
Jaume Plensa
Wilsis, 2019, bronze, 5 exemplaires, 292 x 62 x 66 cm
oeuvres Suite Paris V Jaume Plensa
Suite Paris V
Jaume Plensa
Suite Paris V, 2019, technique mixte sur papier, 100 x 63 cm

Jaume Plensa, sculpteur et dessinateur né en 1955 à Barcelone, a exposé cette année dans de nombreuses institutions comme le MACBA de Barcelone, le Moscow Museum of Modern Art, le Beelden Aan Zee Museum aux Pays-Bas ou encore à la Cité des Arts et des Sciences de Valencia. Plusieurs de ses sculptures ont été installées récemment dans l’espace public : Plaza Colon à Madrid, au Musée des Beaux-Arts de Caen, au monastère de Montserrat près de Barcelone, au Rockefeller Center, New York, et bientôt dans la cour du musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg.

La méthode est voisine de celle de Jackson Pollock, mais à une autre échelle. Loin du dripping arachnéen de l’Américain, c’est une force tellurique qui est ici à l’oeuvre. Bien sûr, ce geste ne vient pas de nulle part, mais il ne mime pas pour autant une forme préexistante. Il s’inspire des forces naturelles qui nous entourent, les éclairs dans le ciel, les courants dans le fleuve, la veine d’une roche, la torsion d’une branche, le surgissement d’un bourgeon, tout un monde vivant, ou figé, qui charge l’esprit et le corps de la peintre, l’émeut et la traverse jusqu’à ce qu’elle rende, comme un volcan sa coulée de lave, les énergies qui bouillonnaient en elle.

oeuvres Littoral Fabienne Verdier
Littoral
Fabienne Verdier
Littoral, 2019, acrylique et technique mixte sur toile, 137 x 178 cm
oeuvres Lignée Fabienne Verdier
Lignée
Fabienne Verdier
Lignée, 2019, acrylique et technique mixte sur toile, 137 x 178 cm
oeuvres Fréquence Fabienne Verdier
Fréquence
Fabienne Verdier
Fréquence, 2019, acrylique et technique mixte sur toile, 83 x 120 cm

Il eût été paradoxal et trompeur d’essayer de traduire au format d’un timbre-poste une telle expérience physique et mentale, c’est pourquoi l’artiste a préféré à la reproduction intégrale mais miniaturisée de son tableau, un détail agrandi qui garde l’énergie et le flux vital qui ont donné naissance à l’oeuvre. Pour parvenir au tableau finalement choisi pour le timbre, Fabienne Verdier a réalisé douze oeuvres. C’est cette recherche qui est présentée ici dans son intégralité.

Fabienne Verdier, née en 1962 à Paris, expose régulièrement en Europe et en Asie. Ses oeuvres figurent dans de nombreuses collections, le MNAM Centre Pompidou (Paris), la Bayerische Staatsgemäldesammlungen (Munich), ou encore la Fondation Hubert Looser et le Kunsthaus à Zurich. Le musée Granet d’Aix-en-Provence prolonge sa rétrospective Fabienne Verdier. Sur les terres de Cézanne jusqu’au 5 janvier 2020, qui rencontre un grand succès.

La suite d’oeuvres du milieu des années 70 présentée au Salon de la galerie appartient à cette famille des Übermalungen. Ce sont des photographies, montées sur bois ou sur aluminium, qui ont été recouvertes par l’artiste de peinture noire ; on ne distingue pratiquement plus rien de l’image sous-jacente. La nouvelle forme suscite alors parfois un titre : Crâne, Fruit, Tas, Panneau, Tablier… ou bien Rainer laisse le regardeur en inventer un. Ces petites peintures noires sont chargées d’une puissance émotionnelle et dramatique intense qui évoque une sorte de minimalisme expressionniste dont la devise pourrait être « less is more ».

oeuvres Sans Titre Arnulf Rainer
Sans Titre
Arnulf Rainer
Sans Titre, 1992 huile sur bois, 203 x 125 cm
oeuvres Cranum Arnulf Rainer
Cranum
Arnulf Rainer
Cranum, 1973-1976, technique mixte sur photographie montée sur aluminium, 21 x 28 cm
oeuvres Binkel Arnulf Rainer
Binkel
Arnulf Rainer
Binkel, 1975, technique mixte sur photographie montée sur aluminium, 28 x 21 cm

La Galerie Lelong & Co. expose régulièrement Arnulf Rainer à Paris depuis 1985. 2019 est l’année des 90 ans de l’artiste, né en décembre 1929 à Baden (Autriche), et qui jouit depuis les années 80 d’une large reconnaissance internationale. L’Albertina, grand musée de Vienne, présentera du 27 septembre au 26 janvier une sélection des importantes oeuvres de l’artiste figurant dans ses collections. L’Arnulf Rainer Museum de Baden prépare une exposition pour la fin de cette année.

« Tout l’oeuvre de Kiki Smith oscille entre lumière et obscurité, glisse de la quiétude d’une nature apprivoisée à une animalité indomptable pour entrer dans le monde de la nuit, cet instant particulier où plaisir et peur se rejoignent. Par moment, l’artiste nous parle sans tabou de la bestialité qui niche au creux de notre humanité. Elle dévoile nos craintes insondables, ce qui hante le plus profond de notre intimité et que l’on voudrait garder caché. » Catherine de Brackelaere présente ainsi avec acuité l’oeuvre de l’artiste dans le catalogue de l’exposition rétrospective qu’elle lui consacre au Centre de la gravure et de l’image imprimée, à La Louvière en Belgique (4 octobre 2019 - 23 février 2020).

estampes Carrier Kiki Smith
Carrier
Kiki Smith
Carrier, 2001, gravure aquarellée, 33 exemplaires, 57,5 x 140 cm
estampes Untitled Kiki Smith
Untitled
Kiki Smith
Untitled, 1990, lithographie, 54 exemplaires sur papier Japon, 90,8 x 91,5 cm
estampes Cloud Kiki Smith
Cloud
Kiki Smith
Cloud, 2012, photopolymere, 13 exemplaires + 8 EA, 45,5 x 38 cm

Kiki Smith (née en 1954) est une artiste américaine qui vit et travaille à New York. Plusieurs expositions importantes viennent de lui être consacrées en Europe (Haus der Kunst, Munich ; Sara Hilden Museum, Finlande ; Musée du Belvédère, Vienne ; Deste Foundation, Athènes). Le Musée cantonal des Beaux-Arts de Lausanne l’exposera en octobre 2020.