Paris — New York
Etel Adnan
Leporellos - 23 janvier - 07 mars 2020
Leporello est le nom du valet de Don Giovanni dans l’opéra de Mozart. C’est lui qui déplie un livret sur lequel sont répertoriées les « mille e tre » maîtresses du séducteur. Par analogie, ce nom a été donné en Europe à ces petits livres pliés en accordéon sur lesquels les artistes asiatiques, notamment japonais, aiment écrire et dessiner à l’encre ; tradition reprise par quelques artistes occidentaux.
Fabienne Verdier
Autour d'un timbre - 21 novembre 2019 - 18 janvier 2020
Au 38 avenue Matignon - Les peintures de Fabienne Verdier sont le plus souvent de grand format. Elles sont à la mesure de son corps et même de son corps en mouvement. Le peintre de chevalet, assis sur son tabouret, peint des signes qui sont l’image abstraite de choses vues à distance. Fabienne Verdier a rompu avec cette attitude. Sa peinture est la trace réelle et immédiate que laisse sur la toile, posée au sol, la danse de son corps qui guide le pinceau géant et suspendu, lourd de tout son poids de pigment.
Juan Uslé
Lines & horizons - 21 novembre 2019 - 18 janvier 2020
Juan Uslé est un artiste discret qui développe une oeuvre silencieuse, poétique et musicale. Loin du bruit et de l’agitation, c’est souvent la nuit qu’il peint dans sa maison de Saro en Espagne ou dans son atelier de New York, des espaces de méditation. Son geste pulsatile et régulier aligne l’une à côté de l’autre, des touches de couleurs au rythme des battements de son coeur.
Picasso, Giacometti, Bacon
21 novembre 2019 - 18 janvier 2020
Dans l’art du XXème siècle, il est notamment trois artistes à s’être frottés, jusqu’à l’extrême, au rude face à face avec la figure humaine : Picasso, Giacometti et Bacon. Ils ne purent s’y attaquer qu’en déréglant et selon des intensités diverses, allant parfois jusqu’au saccage et à l’insoutenable, le bel ordonnancement du visage que des siècles d’art classique avaient su magnifier et imposer. Picasso obsédé par la fragmentation, Giacometti hanté par le flux des lignes, Bacon dévoré par le vertige de la présence, ne désirent qu’une seule chose : célébrer la figure humaine tour à tour fuyante et obsédante.

Expositions

Etel Adnan pratique cet art depuis longtemps, suite à sa rencontre à San Francisco avec Rick Barton au Buena Vista Cafe. Soit en recopiant des poèmes de ses amis écrivains et en les agrémentant de signes à l’encre ou à l’aquarelle, soit un répétant quelques mots comme une litanie, soit en dessinant simplement à l’encre de Chine ou à la gouache ce qu’elle a sous les yeux. Cette exposition est la première qui soit spécifiquement dédiée aux leporellos de l’artiste. A l’occasion de cette exposition paraissent deux ouvrages : Etel Adnan, Leporellos, avec des textes d’Etel Adnan, Anne Moeglin-Delcroix et Jean Frémon. Etel Adnan, Un printemps inattendu, recueil d’entretiens donnés par Etel Adnan entre 1983 et 2018. Les dernières estampes de l’artiste seront présentées à la librairie.

oeuvres Forêt II Etel Adnan
Forêt II
Etel Adnan
Forêt II, 2015, encre et aquarelle sur papier Japon, cahier : 25 x 11 cm, longueur : 273 cm
oeuvres Signs Etel Adnan
Signs
Etel Adnan
Signs, 2018, encre de Chine sur livret, cahier : 29 x 9,5 cm, longueur : 530 cm
oeuvres Inkpots Etel Adnan
Inkpots
Etel Adnan
Etel Adnan, Inkpots, 2015, encre de Chine et aquarelle sur papier, cahier : 18 x 12 cm, longueur : 290 cm

Etel Adnan est née à Beyrouth en 1925. Après avoir passé une grande partie de sa vie à San Francisco, elle s’est installée à Paris. Son oeuvre connaît une notoriété internationale depuis sa présentation à la Documenta de Kassel en 2012. Les expositions se sont multipliées ces dernières années dans de grands musées en Europe et aux Etats-Unis.

La méthode est voisine de celle de Jackson Pollock, mais à une autre échelle. Loin du dripping arachnéen de l’Américain, c’est une force tellurique qui est ici à l’oeuvre. Bien sûr, ce geste ne vient pas de nulle part, mais il ne mime pas pour autant une forme préexistante. Il s’inspire des forces naturelles qui nous entourent, les éclairs dans le ciel, les courants dans le fleuve, la veine d’une roche, la torsion d’une branche, le surgissement d’un bourgeon, tout un monde vivant, ou figé, qui charge l’esprit et le corps de la peintre, l’émeut et la traverse jusqu’à ce qu’elle rende, comme un volcan sa coulée de lave, les énergies qui bouillonnaient en elle.

oeuvres Littoral Fabienne Verdier
Littoral
Fabienne Verdier
Littoral, 2019, acrylique et technique mixte sur toile, 137 x 178 cm
oeuvres Lignée Fabienne Verdier
Lignée
Fabienne Verdier
Lignée, 2019, acrylique et technique mixte sur toile, 137 x 178 cm
oeuvres Fréquence Fabienne Verdier
Fréquence
Fabienne Verdier
Fréquence, 2019, acrylique et technique mixte sur toile, 83 x 120 cm

Il eût été paradoxal et trompeur d’essayer de traduire au format d’un timbre-poste une telle expérience physique et mentale, c’est pourquoi l’artiste a préféré à la reproduction intégrale mais miniaturisée de son tableau, un détail agrandi qui garde l’énergie et le flux vital qui ont donné naissance à l’oeuvre. Pour parvenir au tableau finalement choisi pour le timbre, Fabienne Verdier a réalisé douze oeuvres. C’est cette recherche qui est présentée ici dans son intégralité.

Fabienne Verdier, née en 1962 à Paris, expose régulièrement en Europe et en Asie. Ses oeuvres figurent dans de nombreuses collections, le MNAM Centre Pompidou (Paris), la Bayerische Staatsgemäldesammlungen (Munich), ou encore la Fondation Hubert Looser et le Kunsthaus à Zurich. Le musée Granet d’Aix-en-Provence prolonge sa rétrospective Fabienne Verdier. Sur les terres de Cézanne jusqu’au 5 janvier 2020, qui rencontre un grand succès.

Dans ses peintures et ses dessins, il alterne avec une lenteur délibérée, tantôt les gestes amples, tantôt les gestes réduits, distribuant sur la toile ou le papier une énergie douce et envoûtante, une pondération voluptueuse. L’artiste superpose ses traits de pinceau et crée des séquences plus ou moins larges qui livrent des variations lumineuses. Dans ses oeuvres, d’amples bandes sombres souvent grises et noires font écho à des lignes de couleurs vives qui captent l’essence même du trait. Entre l’ombre de la cendre et la lumière du renouveau, dans le temps de la concentration, Juan Uslé accède à la vibration et à l’énergie créatrice.

oeuvres La noche se agita Juan Uslé
La noche se agita
Juan Uslé
La noche se agita, 2017, vinyle, dispersion, acrylique et pigment sur toile, 198 x 122 cm
oeuvres Morro y trasvase Juan Uslé
Morro y trasvase
Juan Uslé
Morro y trasvase, 2019, vinyle, dispersion, acrylique et pigment sur toile, 61 x 46 cm
oeuvres En Benissa (4) Juan Uslé
En Benissa (4)
Juan Uslé
En Benissa (4), 2018, aquarelle, 30,5 x 23 cm

Né en 1954 à Santander, l’artiste partage sa vie entre Saro, dans les collines verdoyantes de Cantabrie (Espagne) et New York où il s’est installé voici plus de 30 ans. Ses oeuvres sont présentes dans de nombreux musées d’Europe (Musée national d’art moderne, Paris ; Tate Modern, Londres ; Irish Museum, Dublin ; Moderna Museet, Stockholm ; Reina Sofia, Madrid ; Staatsgalerie, Stuttgart et Munich…) et d’Amérique. En 2014, une importante exposition présentant la série Soñe que revelabas a eu lieu au Kunstmuseum de Bonn ; cette année une suite de papier est présentée à l’arsenal de MACE à Ibiza.

Francis Bacon Alberto Giacometti Pablo Picasso

Picasso joua un rôle essentiel dans la décision de Bacon de devenir peintre. Giacometti et Picasso se sont bien connus, se regardant parfois en chiens de faïence. Bacon et Giacometti se sont fréquentés et estimés à Londres en 1965. Cette réunion d’estampes des trois artistes entend évoquer cette liaison entre figures capitales du XXème siècle.

estampes Buste II Alberto Giacometti
Buste II
Alberto Giacometti
Buste II, 1960, lithographie, 150 exemplaires, 65,5 x 50 cm
estampes Three Studies of the Male Back (triptyque) Francis Bacon
Three Studies of the Male Back (triptyque)
Francis Bacon
Three Studies of the Male Back (tryptich), 1987, 99 exemplaires, 3 x 81 x 59,5 cm
estampes Tête d'homme barbu Pablo Picasso
Tête d'homme barbu
Pablo Picasso
Tête d'homme barbu, 1966, gravure, 100 exemplaires, 57,5 x 45 cm