Paris — New York
Rythmes et vibrations
04 juin - 24 juillet 2020
Dès l’origine de l’art abstrait, deux lignes ont bifurqué, indiquant des tendances apparemment opposées : d’une part un art construit et économe, proscrivant souvent les courbes, semblant donner la primeur à la pensée et au programme, d’autre part, un art plus chaleureux et informel où la spontanéité et la sensibilité imposent leur rythme. Mais ces deux lignes n’ont jamais cessé de s’interpénétrer et de se nourrir mutuellement. Chez de nombreux peintres, elles cohabitent ou se succèdent.
Marc Desgrandchamps
Marc Desgrandchamps : Barcelona - 18 juin - 24 juillet 2020
Au Salon - Pour la collection Louis Vuitton Travel Book, Marc Desgrandchamps, sollicité par l’éditeur, a choisi Barcelone. Il a parcouru la ville, s’en est imprégné et a saisi des paysages et des détails à l’aide d’un appareil photo. Puis, de retour à l’atelier, il a utilisé et parfois mélangé ses souvenirs aux images photographiques, et a réalisé un itinéraire sensible de Barcelone décliné dans plus de 120 dessins, répartis en quartiers : Gòtic, Eixample, Raval, Montjuïc…
Pierre Alechinsky
Pierre Alechinsky : Estampes d'il y a longtemps - 02 juillet - 30 juillet 2020
Dès 1948 avec sa série de gravures « Les Métiers », Pierre Alechinsky inscrit l’estampe comme une composante majeure de son œuvre. Ensuite, avec la collaboration artisanale de S. W. Hayter ou Walter Rossi, de Peter Bramsen ou Frank Bordas, de Piero Crommelynck ou Robert Dutrou (et quelques autres…) il ne va cesser de travailler sur cuivre, bois, lino, pierre ou zinc, produisant un œuvre gravé exceptionnel par la durée, l’ampleur et la variété. L’artiste a choisi dans ses tiroirs un ensemble de feuilles désormais rares qui sont autant d’étapes sur ce parcours.
Frank Horvat
Frank Horvat : Vraies Semblances, 1981-1986 - 18 juin - 10 octobre 2020
Frank Horvat est né en 1928 à Abbazia, Italie. Il a vécu en Suisse, en Inde, en Angleterre, en France et aux États-Unis. Son parcours de photographe est influencé, en 1950, par une rencontre avec Henri Cartier-Bresson, qui le détermine à adopter le Leica et à entreprendre un voyage de deux ans en Asie, en tant que photojournaliste indépendant.
Fabienne Verdier
Fabienne Verdier : Solstices - 24 juin - 05 juillet 2020
Toute l’oeuvre de Fabienne Verdier, qu’on a longtemps exagérément rattachée à la calligraphie orientale, se nourrit de l’observation attentive des phénomènes naturels : variations de la lumière, énergie des vents, ondes et remous des cours d’eau, torsions des branches, fulgurance des éclairs, géométrie improbable des nuages. Elle ne cherche pas à mimer ces formes pour les représenter mais à s’imprégner de leur énergie pour, dans le calme de l’atelier, en matérialiser la trace sur la toile préparée à cet effet.

Expositions

On retrouvera cette articulation géographique dans les deux accrochages qui seront présentés à la galerie : un premier à partir du 18 juin, date de la sortie du livre en librairie, le second à partir du 3 septembre.

Barcelona, Vila de Gràcia
Marc Desgrandchamps
2018, gouache sur papier, 20 x 29 cm
Barcelona, Park Güell
Marc Desgrandchamps
2019, gouache sur papier, 20 x 29 cm
Barcelona, Montjuïc
Marc Desgrandchamps
2019, gouache sur papier, 20 x 29 cm

Né en 1960, Marc Desgrandchamps suit les cours de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris. Dans les années 90 il s’affranchit de l’opposition figuration/abstraction caractérisant la grande majorité des récits picturaux du vingtième siècle.

Car bien que sa peinture soit figurative, l’artiste refuse de la nommer ainsi. Ses oeuvres ne sont pas des nus, des paysages, ni des natures mortes : elles échappent aux genres. Elles jouent d’interpénétrations de formes et de sujet, et favorisent l’ambiguïté du temps et de l’espace. Des scènes s’y jouent dans la profondeur du tableau, le temps y est suspendu et les références à la peinture, à la photographie et au cinéma sont présentes en filigrane.

La peinture de Marc Desgranchamps a fait l’objet de plusieurs grandes expositions notamment au Musée d'art contemporain de Strasbourg (2004), au Musée d'art contemporain de Lyon (2004), au Kunstmuseum de Bonn (2005), au Musée national d'Art moderne - Centre Georges Pompidou (2006), Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (2011), Musée des Beaux-Arts de Caen (2017).

De la gravure de 1961 Où en étais-je ? (qui figure dans la collection du MoMA) au Waterloo de 1969, de la Revalorisation de 1980, redonnant vie à du papier boursier dévalué, aux éruptions lithographiques des Vulcanalogies (dans les collections de la BNF ou de La Louvière), ce sont autant de pièces de qualité muséale qu’il sera possible de découvrir et acquérir dans cette exposition.

Où en étais-je ?
Pierre Alechinsky
1961, gravure, 60 exemplaires, 38 x 28,5 cm
Sur le tas
Pierre Alechinsky
1961, gravure, 30 exemplaires, 38 x 28,5 cm
Pour Malcolm Lowry !
Pierre Alechinsky
1969, gravure, 150 exemplaires + XX EA, 49,5 x 65 cm

Les images en noir et blanc qu’il y réalise lui valent ses premiers succès - notamment la participation à l’exposition « The Family of Man », au Museum of Modern Art de New York. Dans les années 1960, il acquiert une renommée internationale par ses photographies de mode innovantes. Son œuvre éclectique allie photojournalisme, mode, paysage et portrait, en passant par la photographie de rue et des essais sur la nature et la sculpture. Depuis les années 80, il se consacre presque exclusivement à des projets personnels. Les plus célèbres sont : Portraits d’arbres, Vraies Semblances, New York up and down, Les sculptures de Degas, Figures romanes…
Ses photographies font aujourd’hui partie des collections de musées prestigieux : Musée d’art moderne de la Ville de Paris, Centre Pompidou, Paris, Museum of Modern Art, New York, Victoria and Albert Museum, Londres, Musée Galliera, Paris, Maison Européenne de la Photographie, Paris…

Sandrine X (b)
Frank Horvat
1983, impression jet d’encre pigmentaire, 12 exemplaires + 3 EA, 132 x 109 cm
Claude
Frank Horvat
1984, impression jet d’encre pigmentaire, 12 exemplaires + 3 EA, 132 x 109 cm
Cinzia (a)
Frank Horvat
1983, impression jet d’encre pigmentaire, 12 exemplaires + 3 EA, 132 x 109 cm

« L'idée de faire référence à des chefs-d'œuvre m'est probablement venue d'une pensée qui m'avait souvent traversé l'esprit - dans le métro, par exemple - en jetant un regard sur une femme qui me semblait particulièrement belle, mais qui ne semblait pas consciente de sa beauté, et qu'un rédacteur de mode ne m'aurait jamais permis de photographier pour un magazine, bien que je puisse facilement l'imaginer dans un tableau de Léonard de Vinci, Rubens ou Ingres. Je les ai visualisées dans le costume et avec la coiffure d'une de ces époques, ou même nues dans une scène mythologique : en partie parce que j'aime fantasmer sur les époques passées, mais plus encore parce que, en tant que photographe, je préfère découvrir des beautés inattendues, plutôt que de célébrer celles qui, à mes yeux, sont quelque peu dévalorisées par l'admiration générale. Je dois avouer qu'au début, je n'étais pas un grand connaisseur de la peinture classique. Mais peu à peu, au fur et à mesure que ce jeu d'associations s'est développé et que le projet a pris forme, j'ai commencé à revisiter les musées et à constituer une petite bibliothèque de livres d'art, ce qui a contribué à nourrir mes fantasmes. » Frank Horvat

À paraître en octobre 2020 : Frank Horvat aux Éditions Xavier Barral.

Retrouvez ci-dessous le film « Portrait de Photographe, Frank Horvat » réalisé et monté par Philippe Abergel (abergel-gallery.com)

Chacun des tableaux de cette série de petits formats réalisés dans les jours précédents où l’année bascule, est tout le contraire d’une miniature faite au petit pinceau et bien léchée. Ce sont comme des détails, des coupes dans un mouvement qui excède leurs limites. Chacun pourra lire dans ce jaillissement de matière, les ouvertures, les percées, les flux qui répondent à son état d’âme du moment.

Alors que Fabienne Verdier préparait cet ensemble, elle relisait le livre de Marguerite Yourcenar Le Temps, ce grand sculpteur, où l’auteur souligne l’ambiguïté de cet instant quand, à l’entrée dans l’été, les jours vont commencer déjà à raccourcir et que, sans que nous en ayons conscience, c’est déjà l’hiver qui est en marche. C’est ce qui l’a déterminée à baptiser Solstices cet ensemble de grandes peintures de petit format.